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Témoignage

Retour d’expérience

Entretien avec Emilien C.

mercredi 7 février 2018

Nous avons établi un questionnaire pour interroger les collègues qui nous rejoignent dans les équipes numériques. A terme nous souhaiterions qu’ils soient réalisés par d’autres que nous et fassent même l’objet d’une étude indépendante.
Voici le premier d’entre eux. Il est à retrouver dans son intégralité dans le rapport 2016 - 2017

L’aspect formatif de notre collaboration a été confirmé et a permis à quelques collègues de réellement mettre à profit un gain pédagogique à l’aide du numérique. Il nous a fallu également accueillir de nouveaux collègues, les former et les accompagner dans leurs débuts.

Afin de documenter et de réfléchir sur les différentes démarches qui conduisent à intégrer ce type de projet nous avons mis en œuvre, pour deux collègues récemment intégrés, un questionnaire. La première, Julie Dufour une collègue de lettres, avait déjà une année d’expérience. Le second, Emilien Chanel un collègue d’Histoire – Géographie débutera avec une des deux classes en septembre 2017. Il est par ailleurs néo-titulaire et a pendant l’année scolaire observé et contribué à l’élaboration de séquences pour les secondes en général tout en se familiarisant avec l’outil et la démarche. Cela a d’ailleurs permis d’expérimenter et valider quelques questionnaires et documents dans des classes avec et sans tablettes, mais surtout aussi avec deux enseignants différents.

Ce qui est essentiel dans un premier temps est la manière dont les collègues sont abordés pour intégrer les équipes. Dans le cas présent, Emilien a été contacté dès avant la rentrée. Il est donc très important de connaître le plus tôt possible le résultat des nominations et de ne pas hésiter à joindre les collègues ce qui permet, quelle que soit leur réponse, de les accueillir en leur présentant l’établissement . « La première connaissance du projet a eu lieu durant de l’été 2016, alors que je venais d’être muté au lycée Henri Parriat. Y. Leblanc m’a alors envoyé un mail, ainsi qu’à ma collègue, pour nous dire qu’il est sur un projet numérique. »
Intégrer de telles équipes demande de toute façon du temps et de la réflexion. Même si ces pratiques et ces démarches pédagogiques sont abordées au cours de la formation initiale il y a de nombreux éléments à mettre en place lors d’une prise de fonction. Pour un collègue déjà expérimenté en revanche la démarche est un peu différente.
« Dans un premier temps, étant donné que j’intégrais un nouveau lycée, j’ai décliné en expliquant ne pas avoir trop le temps. »
Il est donc important après la première prise de contact de prendre le temps de présenter le fonctionnement des classes numériques et d’inviter les collègues à assister à des séances, voire de participer à leur élaboration. Dans le cas d’Emilien la décision est intervenue assez rapidement mais sa présence lors de travaux de recherche en groupe en histoire ancienne a achevé de le convaincre. Cela a également rencontré une réelle volonté de sa part concernant les nouvelles pratiques pédagogiques.
« Puis durant le mois d’octobre, nous avons commencé à travailler ensemble sur nos cours et il m’a présenté complètement son projet. (…) Plus nous travaillions ensemble plus j’étais emballé à l’idée d’approfondir ma connaissance du projet, tant il y a des possibilités pédagogiques. »
Dans le processus de décision le rôle des autres membres de l’équipe, quelle que soit leur discipline, est important, ils apportent un point de vue supplémentaire. Nous insistons depuis le début sur les échanges à l’intérieur des équipes qui permettent de rompre un certain isolement, des craintes etc. face à ces nouvelles pratiques.
« La proposition d’intégrer l’équipe a été faite durant le mois de novembre/décembre. (…) J’ai accepté rapidement étant très emballé par le projet. J’ai alors échangé avec Fanny Egger et Julie Dufour sur leur pratique pédagogique, leur utilisation, mais aussi sur la réflexion de la place du numérique. Ces différentes discussions m’ont conforté dans mon choix qui était d’intégrer cette équipe. »
Plus spécifiquement, nous avons remarqué que nos collègues n’ont pas tous le même rapport au numérique et il est intéressant de savoir dans quelle mesure ils ont, ou non, déjà une certaine expérience de ces outils. En effet cela permet rapidement de prendre la mesure des craintes ou des difficultés à lever car tous ne s’investissent pas de la même manière. On voit dans les réponses à la question 3 (cf. annexe x.) qu’Emilien a eu au cours de sa formation initiale quelques éléments à propos de ces outils (pour l’HG, un outil de questionnaires – Socrative – et quelques outils d’élaboration de présentation – Prezi – ou de réalisation de capsules vidéo – Powtoon ; Mooly –. Ces outils sont tous utiles dans le cadre de projets mais assez difficiles à intégrer dans un support permanent de type « classeur ». Les outils collaboratifs sont très peu évoqués en dehors de Framapad. La gamme d’outils est grande. Ce que nous apportons est un support qui intègre une grande partie de ces éléments, et permet de réaliser des supports multimédias à l’intérieur même du classeur. Nous abordons toujours les nouveaux collègues à l’aide d’une formation autour du logiciel que nous utilisons : OneNote.
« Durant l’année, Y. Leblanc m’a fait découvrir OneNote, le logiciel utilisé par les élèves contenant leur classeur et l’intégralité des cours. Grâce à Yves, la prise en main a été assez rapide même si j’apprends encore à le maitriser et j’espère terminer la maitrise durant l’été. »
Au final l’adhésion au projet rencontre à chaque fois une envie d’expérimenter (et pas uniquement d’appliquer un modèle ou une méthode). C’est aussi grâce à cela que nous pouvons essaimer dans l’établissement et que deux équipes ont été constituées.
Cependant Emilien ajoute un élément, la pluridisciplinarité, ce qui est particulièrement précieux et enthousiasmant pour la suite.
« L’envie de travailler dans une équipe pluridisciplinaire motrice dans un projet novateur et qui permet de mettre en avant l’établissement. Participer à cette expérience ne peut être que bénéfique à mes yeux. C’est le moyen de parfaire ma formation et d’avoir de nouvelles approches pédagogiques. » On le voit, l’idée « d’établissement » tout entier est présente également, nous y reviendrons plus loin.
Enfin l’un des bénéfices essentiels de ce mode de fonctionnement et lié, pour Emilien, au sentiment de ne pas se retrouver « seul » dans la mise en place des nouvelles pratiques.
« (…) car cela me permet de découvrir à la fois le travail en équipe pluridisciplinaire, mais aussi de m’investir dans un projet et de partager mes idées et d’apprendre aux côtés d’autres professeurs plus expérimentés que moi. Ce qui réduit l’appréhension que je peux avoir de me lancer dans l’inconnu. »
En effet, dans ce domaine (numérique, nouvelles pratiques pédagogiques…) les personnes qui souhaitent expérimenter se retrouvent souvent à démarrer seules ou en très petit nombre. Ce n’est pas insurmontable mais dans le cas de notre expérimentation, cela a demandé du temps. Or ici le gain pour les nouveaux arrivants se fait en temps de formation et pour l’équipe en capacité de travail et d’élaboration de ressources.

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